Épidémie de Chikungunya à La Réunion
La Réunion, département français situé dans l’océan Indien, est confrontée à une épidémie de chikungunya d’une ampleur alarmante. Transmis par le moustique-tigre, ce virus a infecté plus de 20 242 personnes depuis août 2024, avec une progression rapide ces dernières semaines. Le 4 avril 2025, les autorités ont activé le “plan blanc” pour faire face à cette crise sanitaire, soulignant la gravité de la situation selon les rapports officiels.
Une Épidémie de Chikungunya en Forte Progression à La Réunion
Entre le 17 et le 26 mars 2025, environ 6 000 nouveaux cas ont été signalés, d’après les données publiées par l’Agence Régionale de Santé (ARS) de La Réunion. Depuis le début de l’épidémie, deux décès ont été confirmés, impliquant des personnes âgées de 86 et 96 ans, l’une d’elles présentant des comorbidités. Parmi les cas graves, 31 ont été recensés, dont 14 concernent des nourrissons de moins de 3 mois qui ont nécessité une hospitalisation en soins intensifs. Le sud de l’île, en particulier des communes comme Le Tampon, reste la zone la plus affectée, mais le virus s’est étendu à l’ensemble du territoire.
Le passage du cyclone Garance à la fin février 2025 a exacerbé la situation en favorisant la création de gîtes larvaires dus aux accumulations de déchets verts. Cette épidémie évoque celle de 2005-2006, qui avait touché 38 % de la population réunionnaise et causé 270 décès directs, saturant les infrastructures hospitalières, comme le rapporte Le Monde.
Le Plan Blanc : Réponse à la Saturation des Hôpitaux à La Réunion
Devant l’afflux massif de patients, le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de La Réunion, qui gère les sites de Saint-Denis et Saint-Pierre, a déclenché le “plan blanc” le 4 avril 2025. Ce protocole permet de reporter les interventions non urgentes et de rappeler le personnel en congé pour libérer des lits et optimiser la prise en charge des cas sévères. “Nous sommes saturés”, a déclaré le Dr Olivier Gacia, chef des urgences de Saint-Pierre, dans une interview relayée par l’AFP et France Info. Gérard Cotellon, directeur général de l’ARS, a qualifié la situation de “préoccupante”, en soulignant un taux d’absentéisme élevé parmi le personnel médical affecté par le virus.
Campagne de Vaccination contre le Chikungunya pour les Plus Vulnérables
Pour contrer la propagation, une campagne de vaccination a été lancée le 7 avril 2025, priorisant les personnes âgées de plus de 65 ans et celles avec des comorbidités. Près de 40 000 doses du vaccin Ixchiq, développé par la société Valneva, ont été acheminées sur l’île, avec une administration gratuite annoncée par Emmanuel Macron sur X. Néanmoins, des experts comme le Dr Eric Caumes, interrogé par France Info, estiment que cette initiative “arrive un peu tard”, le pic étant prévu mi-avril.
Mesures de Prévention et Mobilisation Collective contre les Moustiques
Les autorités mettent l’accent sur les gestes préventifs pour réduire la prolifération des moustiques. Voici quelques recommandations essentielles :
- Éliminer les gîtes larvaires, comme l’eau stagnante dans les coupelles, pneus ou gouttières.
- Porter des vêtements longs pour couvrir la peau.
- Utiliser des répulsifs cutanés et des moustiquaires.
Dans les pharmacies locales, la demande de produits antimoustiques a explosé, entraînant des ruptures de stock, comme l’indique Claude Marodon, président de la délégation de l’ordre des pharmaciens Réunion-Mayotte.
Un Défi Sanitaire et Social à La Réunion
Cette épidémie exerce un impact notable sur l’économie et la société. “Le nombre d’arrêts maladie augmente tous les jours, on ressent l’impact sur l’activité économique”, a déclaré Pierrick Robert, président de la chambre de commerce et d’industrie, dans un article de Le Monde. Christine Kowalczyk, présidente de l’Union régionale des médecins libéraux, critique une focalisation excessive sur les hospitalisations, minimisant l’impact global.
Marquée par l’épidémie de 2005-2006, La Réunion bénéficie du soutien du ministre des Outre-mer Manuel Valls, qui s’est rendu sur place. Les autorités appellent à une mobilisation collective pour protéger les populations vulnérables, en s’appuyant sur des données de l’Santé Publique France.