La leucémie aiguë myéloïde

Votre médecin vous a appris que vous étiez atteint d’une leucémie aiguë myéloïde (LAM). Cette maladie, également connue sous le nom de leucémie myéloblastique aiguë, est une forme de cancer du sang qui affecte les cellules précurseurs des globules blancs dans la moelle osseuse.

Le terme « leucémie » indique la présence de cellules tumorales dans le sang, appelées blastes. Normalement, ces cellules donnent naissance à un type de globules blancs appelés polynucléaires. Dans la LAM, ces blastes se multiplient de manière incontrôlée, perturbant la production normale des cellules sanguines.

Illustration de la leucémie aiguë myéloïde

Le mot « myéloïde » fait référence à la moelle osseuse, le tissu spongieux à l’intérieur des os où sont produites toutes les cellules du sang. Il ne faut pas la confondre avec la moelle épinière, qui fait partie du système nerveux. Dans la LAM, les blastes s’accumulent dans cette moelle osseuse, l’empêchant de fonctionner correctement.

Le qualificatif « aiguë » signifie que la maladie progresse rapidement : les premiers symptômes apparaissent en quelques jours ou semaines, et le diagnostic est suivi d’un traitement immédiat, souvent dans les heures ou jours suivants.

La leucémie aiguë myéloïde est un cancer causé par la prolifération incontrôlée de blastes anormaux qui envahissent la moelle osseuse. Cela entraîne une insuffisance médullaire, où la production de cellules sanguines normales est compromise.

Symptômes et conséquences de la LAM

Les effets de cette insuffisance incluent :

  • Une anémie (baisse des globules rouges et de l’hémoglobine), provoquant fatigue, pâleur, essoufflement et palpitations.
  • Une neutropénie (diminution des polynucléaires neutrophiles), rendant l’organisme vulnérable aux infections, notamment pulmonaires.
  • Une thrombopénie (baisse des plaquettes), causant des saignements, comme des épistaxis, des saignements gingivaux ou des hématomes cutanés.

L’accumulation de blastes peut aussi affecter d’autres organes, entraînant des douleurs osseuses, un gonflement des ganglions, de la rate, du foie ou des gencives. Dans de rares cas, les blastes atteignent le liquide céphalo-rachidien, provoquant des troubles neurologiques. Ces symptômes ne sont pas toujours présents.

Articles Liés:  Centres de santé communautaire de Burlington

Épidémiologie et causes

La LAM peut survenir à tout âge, mais seulement 25 % des cas sont diagnostiqués avant 25 ans. Sa fréquence augmente après 40 ans, avec un âge moyen au diagnostic de 65 ans. Selon des sources fiables comme l’Institut National du Cancer sur les leucémies aiguës, l’origine est souvent inconnue. Cependant, des facteurs reconnus incluent les radiations ionisantes et l’exposition au benzène, considérés comme causes professionnelles en France. Les chimiothérapies et radiothérapies antérieures pour d’autres cancers, ainsi que des maladies préexistantes comme les myélodysplasies, augmentent le risque. La LAM n’est ni contagieuse ni héréditaire.

Le diagnostic de la leucémie aiguë myéloïde

Le diagnostic repose principalement sur le myélogramme, un examen de la moelle osseuse réalisé sous anesthésie locale. Une aiguille est insérée dans un os, souvent le sternum ou l’os iliaque, pour aspirer une petite quantité de moelle. Cela permet d’analyser les cellules anormales, leurs chromosomes et gènes, essentiels pour choisir le traitement. Une numération formule sanguine (NFS) via prise de sang quantifie les cellules et détecte les anomalies. Dans certains cas, une ponction lombaire analyse le liquide céphalo-rachidien pour une atteinte neurologique. Pour plus de détails sur le diagnostic, consultez les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur le diagnostic et traitement des LAM.

Les différents types de LAM

Selon la classification FAB (Franco-Américano-Britannique), il existe huit types de LAM, numérotés de 0 à 7 (ex. : LAM1, LAM4). Ils se distinguent par les caractéristiques des cellules observées au myélogramme. Cette classification ne reflète pas la gravité, et le traitement est similaire pour la plupart, sauf pour des sous-types comme la LAM3, qui nécessite des médicaments spécifiques. Des informations détaillées sont disponibles sur Orphanet sur la leucémie aiguë myéloïde.

Les traitements de la LAM

Le but est d’éliminer les blastes anormaux pour permettre à la moelle osseuse de reprendre une production normale. Le traitement comporte plusieurs phases :

  • Induction : Une chimiothérapie de 7 à 10 jours vise une rémission complète, où les blastes disparaissent du sang et de la moelle. Cela nécessite environ un mois d’hospitalisation pour la régénération cellulaire.
  • Consolidation : Des doses élevées de chimiothérapie maintiennent la rémission, avec plusieurs cycles et hospitalisations.
  • Intensification : Adaptée au risque de rechute, elle peut inclure plus de chimiothérapie ou une greffe de cellules souches hématopoïétiques (allogreffe d’un donneur ou autogreffe du patient). Les cellules souches, issues de la moelle ou du sang placentaire, produisent les cellules sanguines. Des avancées récentes, comme des thérapies ciblées orales, offrent de l’espoir pour des rémissions prolongées, selon des études présentées à l’ASCO 2021 sur la leucémie myéloïde aiguë.
Articles Liés:  L'association de l'épilepsie de Sierra Leone

L’intensification est généralement réservée aux patients de moins de 60-70 ans en raison des effets indésirables. Pour les plus âgés, des traitements d’entretien sont proposés. Tous exposent à une aplasie temporaire (baisse des cellules sanguines), augmentant le risque d’infections et nécessitant une hospitalisation protégée. Le médecin informe sur les effets secondaires avant le traitement.

Des recherches, comme celles de l’Inserm sur la résistance à la chimiothérapie dans la LAM, explorent comment les cellules cancéreuses volent des mitochondries pour survivre, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies.

La surveillance après traitement

Après les traitements, une surveillance régulière par un hématologue est essentielle pour détecter une rechute ou des complications tardives. Des NFS périodiques sont réalisées, d’abord fréquentes puis espacées.

Pronostic de la leucémie aiguë myéloïde

La LAM n’est pas une maladie au pronostic désespéré. Une rémission prolongée au-delà de quelques années peut mener à la guérison, avec des taux améliorés grâce aux avancées thérapeutiques.

Références